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BEAULIEU SUR DORDOGNE
(Corrèze)

Bâtie sur la rive droite de la Dordogne et blottie contre la colline qui l’abrite des vents d’ouest, ce qui lui confère un climat agréable, Beaulieu doit son renom à la belle église romane, vestige de son ancien monastère bénédictin. Vers le milieu du IXe siècle, Rodolphe de Turenne, archevêque de Bourges, décide d’y fonder un monastère. D’après la légende, il aurait été séduit par la beauté du site qu’il aurait nommé « Bellus Locus ». En réalité, le site sur lequel existait déjà un petit village du nom de Vellinus présentait un intérêt stratégique : proximité de la rivière et confins du Limousin, du Quercy et de l’Auvergne.

L’abbaye primitive fut fondée par douze moines de Solignac (puissante abbaye bénédictine des environs de Limoges). Dotée de nombreuses reliques (Saints Prime et Félicien, Sainte Félicité, Saint Emilion), elle devint peu à peu un lieu de pèlerinage très fréquenté. Grâce aux donations et héritages de personnages puissants, le monastère atteignit un haut degré de prospérité.
Les bâtiments primitifs, en bois, furent remplacés par des constructions en pierre au XIIe siècle. Le monastère et son abbatiale sont de style architectural roman. L’église de Beaulieu est la plus grande église du département. Elle mesure 63 mètres de long et s’élève à 23 mètres de haut sous la coupole.

L’abbatiale est remarquable par ses proportions et est célèbre pour son tympan du « retour du christ à la fin des temps » chef d’œuvre de l’art roman, exécuté par les « tailleurs d’images » de Toulouse, qui illustrèrent également Moissac, Souillac et Collonges.

Le portail Sud représente la Parousie (second avènement du Christ en vue du jugement dernier). Sa composition verticale est tripartite en haut : la partie

voûtée représente le mondecéleste, en dessous sur un faible espace s’inscrit le monde terrestre, enfin l’enfer est visible sur le double linteau. Le Christ nimbé, apparaît au centre, plus grand que les autres personnages (2 m 10) assis en majesté sur un trône de style limousin. Il est entouré d’anges et des apôtres. L’iconographie du monde terrestre montre les morts sortant de leurs tombeaux pour le jugement ainsi que des vivants (sans doute des Juifs montrant leur circoncision).
Le double linteau représente des monstres de l’apocalypse crachés par la bouche de l’Enfer. Certains dévorent déjà les pêcheurs. Ces monstres fantastiques sortent de l’imaginaire du bestiaire du XIIe siècle et mêlent ordre animal et ordre végétal (serpent androcéphale, griffon ailé, rosaces d’où sortent des serpents…).
Le tympan repose sur un trumeau central carré qui représente les trois âges de la vie humaine. Deux grands personnages, Saint Pierre et Saint Paul, patrons de l’abbatiale, sont figurés en pied sur les piliers extérieurs du tympan. A la fin du XIXe siècle, l’architecte Baudot a surmonté le tympan d’un porche voûté en berceau, ce qui a permis de protéger l’ensemble sculpté des intempéries. Sur les façades latérales du portail, deux scènes traitent des épisodes bibliques. Celle de droite montre la Tentation du christ dans le désert où un Satan aux traits anguleux le provoque. Celle de gauche évoque Daniel dans la fosse aux lions. A gauche du porche, 3 grands personnages sculptés pourraient représenter trois pêchés capitaux : la luxure, la gourmandise et l’avarice.
L’ensemble du porche vient de connaître une vaste campagne de protection et de restauration terminée en 2002 sous l’autorité des bâtiments de France.
L’église possède par ailleurs un chevet remarquable, formé d’absidioles en cul de four. En haut des murs, sous l’abri de la toiture, on peut admirer 278 modillons tout autour de l’église ; ils représentent des animaux, des personnages parfois dans des postures scabreuses, des éléments géométriques de toutes sortes.
A l’intérieur, comme toutes les églises de pèlerinage, celle-ci comporte un large déambulatoire autour du chœur qui permettait aux fidèles de circuler sans perturber les offices. En le parcourant, on notera les bases de colonnes sculptées, ce qui est tout à fait rare.
Deux retables baroques ont été installés en 1676 et 1678, réalisés par un sculpteur sur bois, Pierre Estrade ; ils ont été dorés au siècle suivant. Celui de la chapelle axiale est consacré à l’apothéose de la Vierge. Dans le transept Sud , le retable de Saint prime et Saint Félicien est dédié à ces deux frères martyrs devenus patrons de la cité bellocoise. La châsse des Saints est placée sur l’autel. En bois doré, elle remplace la châsse d’origine en argent et vermeil qui fut volée pendant les Guerres de religion. De la nef, on peut voir les baies géminées qui s’ouvrent sur la tribune, autre caractéristique des églises de pèlerinage.
Dans le prolongement du transept Nord se trouve l’ancienne salle capitulaire utilisée aujourd’hui comme sacristie. C’est la seule partie du monastère qui subsiste de l’édifice d’origine. C’était le lieu de réunion des moines.
On peut admirer les très belles baies limousines sur l’extérieur. Devant cette salle se trouve un sarcophage, découvert dans l’ancien cimetière des moines qui se trouvait près du chevet de l’abbatiale.
Le trésor, dans le transept Nord, contient une célèbre Vierge à l’Enfant dite « vierge de Beaulieu », sans doute du XIIe siècle. La statue est constituée d’une âme de bois recouverte de lames d’argent. le costume et la couronne de la Vierge sont ornées de pierreries, d’un camée, d’intailles et de filigranes. Le trésor compte aussi une châsse reliquaire du XIIIe siècle couverte d’émaux champlevés de l’Ecole de Limoges figurant les Rois mages ; il y a un objet rare de forme cylindrique que l’on appelle la « lanterne byzantine », sans doute un reliquaire en argent qui aurait été rapporté d’Orient par les Croisés ; enfin, deux bras ajourés en bois et argent contenaient les reliques de Sainte félicité et de Saint Emilion.
Le clocher carré, fiché de guingois à l’angle Sud-Ouest de l’église, a été ajouté au XIVe siècle. Avec ses meurtrières, son aspect massif et sa grande élévation, il fut surtout utilisé comme tour de guet et donjon de défense. Il a pu également symboliser le pouvoir municipal des Consuls (comme un beffroi) car situé à proximité de l’ancienne maison consulaire. Après l’échec de la campagne napoléonienne des « Cent jours » en 1815, le maréchal Ney, recherché par la police de Louis XVIII, se cacha pendant plusieurs jours dans le clocher de Beaulieu.

La place du marché était un des endroits les plus actifs de la cité. Sur cette place se tenait de 1575 à 1724 une halle construite par les consuls protestants pour masquer le tympan et ainsi éloigner les hommes du culte catholique. Cette halle a permis de mieux conserver les sculptures du tympan. Après sa destruction, une autre halle se tint jusqu’en 1934 à côté de l’abbatiale. Sur cette place on peut aussi admirer quelques maisons du XVIIIe siècle en pierre et d’autres plus anciennes en torchis et pans de bois.
Face à l’abbatiale, une maison datée de 1723 porte l’inscription « au vieux marin » et deux ancres de bateau sur la façade, ce qui rappelle la navigation fluviale importante à Beaulieu.
Devant la façade occidentale de l’église, sur la Place de la Bridolle se tient une statue de la Vierge vénérée au 15 août. Les Bellocois lui offrent toujours des grappes de raisin qu’ils suspendent à sa main et à celle de son enfant pour protéger les vignes (de jeunes agriculteurs du canton relancent actuellement la production traditionnelle de Vin paillé qui avait presque disparu).
Sur cette même place, la maison dite « Renaissance » a été reconstruite au XIXe siècle et elle porte en réemploi des sculptures du XVIe siècle qui proviendraient d’une demeure Renaissance. Ces sculptures : des angelots, une sirène, un sauvage couvert de plumes, un personnage domptant un lion, un arquebusier, un hallebardier et au centre une femme à sa toilette appelée aussi la nymphe bellocoise, rappelleraient les fêtes données durant le voyage de Catherine de Médicis à travers la France pour présenter son fils, Charles IX aux français de 1564 à 1566. Au premier étage, une cheminée monumentale classée représente Adam et Eve pendant la scène de la Tentation, dans un style naïf et émouvant de la fin du XVe siècle. Cette maison a été achetée en 2002 par la municipalité qui réfléchit à son utilisation future comme lieu culturel.
Le boulevard de Turenne entoure la vieille ville et permet d’avoir une vue d’ensemble des anciens remparts bâtis au XIIe ou au XIIIe siècle pour ceinturer la ville abbatiale. Celle-ci était ouverte par trois portes dont deux subsistent. En face de la porte Sainte-Catherine, la salle polyvalente de la commune est installée à l’immeuble Sévigné, vestige du grand couvent des Ursulines qui occupait tout le quartier. Le boulevard de Turenne est également agrémenté de jolis jardins où on peut voir de nombreux arbres d’origine tropicale : palmiers, bananiers… Ceux-ci ont été acclimatés au XIXe siècle, rapportés par des Bellocois ayant travaillé à la colonisation.
A l’extérieur de la ville murée, 3 faubourgs se sont développés. Le faubourg de Mirabel, sur lequel se dressait une barbacane (fortification avancée de la ville) est aujourd’hui un quartier commercial et administratif (poste, gendarmerie, collège) ; sur la place Marbot, l’Office de Tourisme deux étoiles est installé dans une grande et belle demeure du XVIIIe siècle. Le faubourg de la Grave, quartier de l’hôtel de ville actuel, descend vers la Dordogne et ses campings. Le faubourg Majeur, quartier de la Chapelle des Pénitents, est situé sur le village originel de Vellinus. L’église qui s’y mire dans l’eau, de style roman, est construite sur le rocher ; son clocher à peigne est typique du XIIe siècle. Son architecture intérieure et les objets d’histoire locale qu’elle abrite sont forts intéressants.
Sur le quai proche, d’anciennes maisons à pans de bois ont été joliment restaurées. On y trouve entre autres l’Auberge de jeunesse qui vient d’être réaménagée pour une capacité d’environ 30 places.
Une gabare,
bateau fluvial utilisé jusqu’au XIXe siècle pour le transport de marchandises, est amarrée au quai ; c’est la reconstitution d’un « courau à étrave », réalisée en 2001-2002, propriété de la municipalité qui sert à présent à des balades touristiques sur la Dordogne.

Texte: Frédéric Le Hech

fiche signalétique

BEAULIEU-SUR-DORDOGNE
Corrèze (19120) ) - Limousin. Altitude 140 m. - 1347 habitants -Dans la vallée de la Dordogne, à la limite du Quercy et du Périgord.

Ville jumelée avec Scheinfeld
(Basse Franconie – Allemagne)


Un des hauts lieux de l'art Roman et Site Clunisien :
· Eglise abbatiale Saint-Pierre (XIIeme siècle )
· Le Portail méridionnal, son tympan du XIIe siècle, et son trésor
· Chapelle des Pénitents XIIeme siècle (expositions temporaires)
· Fortifications médiévales
· Nombreuses maisons anciennes des XIIIe, XIVe, XVe et XVIe s
· Musée de l'homme de Néandertal
à la Chapelle aux Saints.

Le mot du maire

Je laisse à un auteur local le soin de présenter Beaulieu :

« Dans le val parfumé que la Dordogne arrose,
Et fier de son passé qui revit en ses murs,
Beaulieu paisiblement s’active et se repose
Sur un lit de verdure et sous un ciel d’azur.

Le touriste, harassé par la vie trépidante,
Aspire à découvrir son site harmonieux,
Sa douceur du climat aux vertus apaisantes,
Le charme de ses berges aux contours gracieux.

La bonne chère a fait le renom de sa table.
Les produits du terroir captivent le gourmet.
Ses fraises et ses noix sont des fruits délectables.
Le Cèpe, du gibier, relève le fumet…
»

J’ajoute que la proximité des départements du Lot « Terre des Merveilles » et de la Dordogne « Terre de la Préhistoire » offre au touriste un intérêt inépuisable.
Nous serons toujours très heureux de vous accueillir.
.

Le Maire
Jacques VIGIER

Adresses utiles

Mairie
Tél. 05 55 91 11 31
Fax 05 55 91 24 73
email : mairie.beaulieu@wanadoo.fr

Office du tourisme
Tel. 05 55 91 09 94
Fax 05 55 91 10 97
email
ot.beaulieu19@tele2.fr
Site internet
http://www.beaulieu-sur-dordogne.fr/

Agenda des manifestations

Marché aux plants (fin avril)
Fête de la fraise (mi-mai)
Fête du 14 juillet
Fête du 15 août
Fête des Corps Saints (1er week-end de septembre)
Journées et nuit du patrimoine (septembre)
Randonoix (fin septembre)
Randonnées pédestres et balades faune et flore
Concerts – Expositions - visites guidées
Promenades en gabare – pêche – baignade
Centre nautique – location canoë-kayak
Foires les 1er et 3ème vendredi
Marchés les mercredis et samedis
Marchés de Pays (lundi en juillet et août) avec dégustations
Gastronomie et terroir : apéritifs et gâteaux aux noix et aux fraises
Vin paillé
Veau de lait élevé sous la mère

Images
Correspondant Alliance des Beaulieu de France à la Mairie
Madame Leygonie
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